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Moteurs Porsche récents : 9A2 des 991.2 et 992, 3,8 L Turbo, flat-4 et 4,0 L des 718

Par l'équipe Flat6Code · · 13 min de lecture

Fin 2015, la 911 Carrera passe au turbo : la 991.2 inaugure le 3,0 L biturbo 9A2, repris en version Evo par la 992. En 2016, les Boxster et Cayman 718 adoptent un 4 cylindres à plat turbo, avant le retour d'un 4,0 L atmosphérique sur les GTS 4.0, GT4 et Spyder. Aucun de ces moteurs n'a de roulement IMS ni de défaut de conception reconnu, mais chacun a ses dossiers : turbos qui fument sur les premières 991.2, pompes à eau, vases d'expansion, bielles rappelées sur des 4,0 L de 2021. Voici, modèle par modèle, ce que documentent les bulletins Porsche, les rappels américains et les spécialistes et propriétaires britanniques et américains, et ce qui relève seulement du témoignage. Nous verrons aussi comment le vérifier à partir du VIN.

Quels moteurs, sur quelles Porsche

Ces moteurs succèdent au 9A1 atmosphérique, détaillé dans notre article sur le moteur 9A1 à injection directe. Les puissances ci-dessous sont les valeurs européennes en chevaux DIN ; les fiches américaines, exprimées en hp, affichent des chiffres légèrement inférieurs (394 hp pour la 718 GTS 4.0, par exemple).

ModèlePériodeMoteurCylindréePuissance
911 Carrera et Carrera 4 (991.2)fin 2015 à 20199A2, 6 cylindres biturbo3,0 L370 ch
911 Carrera T (991.2)fin 2017 à 20199A23,0 L370 ch
911 Carrera S et 4S (991.2)fin 2015 à 20199A23,0 L420 ch
911 Carrera GTS (991.2)2017 à 20199A23,0 L450 ch
911 Turbo et Turbo S (991.2)fin 2015 à 20196 cylindres biturbo de la famille 9A13,8 L540 et 580 ch
911 Carrera et Carrera 4 (992.1)2019 à 20249A2 Evo3,0 L385 ch
911 Carrera S et 4S (992.1)2019 à 20249A2 Evo3,0 L450 ch
911 Carrera GTS (992.1)2021 à 20249A2 Evo3,0 L480 ch
911 Turbo et Turbo S (992.1)2020 à 2024biturbo dérivé de la génération Carrera3,7 L (3 745 cm³, vendu comme 3,8 L)580 et 650 ch
911 Carrera (992.2)depuis 20249A2 Evo3,0 L394 ch
718 Boxster et Cayman, puis T2016 à 2025MA2, 4 cylindres à plat turbo2,0 L300 ch
718 Boxster S et Cayman S2016 à 2025MA2, turbo à géométrie variable2,5 L350 ch
718 Boxster et Cayman GTSfin 2017 à 2019MA22,5 L365 ch
718 Boxster et Cayman GTS 4.02020 à 20256 cylindres atmosphérique4,0 L400 ch
718 Cayman GT4 et 718 Spyder2019 à 20246 cylindres atmosphérique4,0 L420 ch

Le 9A2 et ses dérivés ont un point commun avec le 9A1 : pas d'arbre intermédiaire, donc pas de roulement IMS. Les GT3 et GT3 RS gardent des moteurs atmosphériques spécifiques, hors du champ de cet article.

Le 3,0 L biturbo de la 991.2 : un moteur globalement sain

Présenté en septembre 2015 au salon de Francfort, le 9A2 remplace les 3,4 et 3,8 L atmosphériques. Porsche annonçait alors près de 12 % de consommation en moins sur le cycle NEDC. La Carrera S ne se distingue que par des roues de compresseur modifiées, un échappement spécifique et une cartographie propre : le bloc est le même.

Le bilan publié par PistonHeads dans son guide d'achat de la 991.2 est plutôt rassurant. Pas de cas connus de consommation d'huile excessive. Un léger bruit de distribution pendant les premières minutes à froid, jugé sans conséquence, et des ratés d'allumage occasionnels qui disparaissaient d'eux-mêmes. Sur la PDK, quelques alertes ou rapports pairs sautés, en général corrigés par une mise à jour logicielle. Le carter d'huile en plastique a inquiété certains propriétaires ; un cas de filetage de bouchon de vidange arraché est cité, sans série connue.

Les discussions de propriétaires sur Rennlist vont dans le même sens : pour les premières années, des défauts mineurs, presque toujours traités sous garantie. Les deux vrais sujets de la 991.2 sont ailleurs : l'alimentation en huile des turbos et le circuit de refroidissement.

Turbos de la 991.2 : fumée bleue et conduites d'huile

C'est le dossier le plus discuté sur les forums britanniques. Il repose sur des documents Porsche, mais les chiffres de fréquence n'existent pas.

Schéma du clapet anti-retour bloqué sur la conduite d'huile d'un turbo de 991.2
Le défaut visé par le bulletin Porsche « Blue Smoke from the Exhaust » sur les 991.2 Carrera de 2017 (schéma Flat6Code).
  • Ce que dit Porsche : un bulletin technique américain intitulé « Blue Smoke from the Exhaust » vise les 911 (991) de l'année modèle 2017, hors Turbo, construites avant le 17 août 2016. Des débris de fabrication bloquent ouvert un clapet anti-retour sur la conduite d'alimentation en huile d'un turbo ; trop d'huile arrive, le joint du turbo est débordé et la voiture fume au démarrage. Le bulletin demande de ne pas remplacer les turbos mais d'identifier le côté fautif et de changer la conduite.
  • Ce que rapportent les propriétaires britanniques : un second bulletin (référencé SY 126/18 sur 911uk.com, septembre 2018) couvrirait les voitures de 2015 à 2018, avec des copeaux d'aluminium restés dans le circuit d'huile des turbos et un nouveau procédé de nettoyage en usine à partir du 24 mai 2017. Sur les forums, les symptômes vont de la fumée à froid, parfois un démarrage sur deux, à la fumée sous forte charge ; les cas cités apparaissent entre 16 000 et 45 000 miles (environ 25 000 à 72 000 km). Un propriétaire évoque des wastegates grippées vers 73 000 miles.
  • Ce que fait le réseau : d'abord les conduites, les pots de retour d'huile et le séparateur d'huile, puis les turbos si la fumée persiste. Les pièces de remplacement sont-elles différentes ? Les propriétaires ne sont pas d'accord, et Porsche a répondu à l'un d'eux qu'il s'agissait d'un remplacement à l'identique. Les 991.2 de l'année modèle 2019, équipées du filtre à particules, auraient des turbos carénés, selon un membre de forum.

Les coûts cités hors garantie sont élevés : 6 000 à 8 000 £ par turbo en centre Porsche selon l'administrateur de 911uk.com, environ moitié moins si seules les conduites sont en cause, un devis de 14 000 £ rapporté par un membre, et au moins 5 000 £ chez un indépendant avec un turbo reconditionné (soit environ 5 800 à 16 000 €). Point important pour l'achat : des garanties tierces britanniques excluent les conduites, les défauts connus et tout ce qui fait l'objet d'un bulletin. Sur une 991.2, la garantie constructeur (Porsche Approved) est la seule réellement utile sur ce point, et les centres Porsche britanniques se montrent prudents à la reprise de ces voitures.

Refroidissement : pompe à eau, vase d'expansion et circuit de dépression

Sur les trois familles, le refroidissement concentre une bonne part des retours, avec un mécanisme commun : une pompe qui fuit peut envoyer du liquide dans le circuit de dépression qui pilote les vannes de refroidissement.

  • 991.2 : le bulletin Porsche 122-Z6Y2F-03 de février 2018 vise les 911 de 2017 et 2018. Une erreur de fabrication peut faire fuir la pompe à eau dans la zone de dépression, avec parfois l'alerte « Engine too hot ». PistonHeads ajoute un rappel pour le vase d'expansion, qui pouvait déclencher de fausses alertes de niveau ou de surchauffe, des remplacements précoces de pompes sur des voitures produites entre fin 2017 et début 2018, des thermostats défaillants et une campagne d'atelier sur l'électrovanne de dépression de la vanne de commutation (COV).
  • 992 : la campagne d'atelier WKJ7 concerne des 992 de l'année modèle 2020 (327 voitures en Amérique du Nord). Porsche y reconnaît que la garniture mécanique de la pompe peut fuir au cours de la vie du véhicule et la remplace par une version optimisée. Elferspot conseille de contrôler les durites de dépression : si du liquide y est passé, il faut changer durites et bloc de vannes avec la pompe, sous peine de débit de refroidissement presque nul.
  • 718 : PistonHeads signale des pompes et thermostats défaillants, une pompe fuyarde pouvant noyer une durite de dépression et faire dysfonctionner les vannes par temps froid. Sur le forum du Porsche Club GB, un technicien Porsche évoque des vases d'expansion qui fuient à la soudure sur des voitures produites entre mars et août 2018. Sur une 718, le vase n'est pas accessible par le coffre : il faut déposer l'ensemble moteur et boîte, et une voiture est restée environ quatre semaines immobilisée.

À l'essai, une alerte de niveau, une odeur sucrée ou des traces blanches sous le moteur imposent une vérification avant toute signature.

La 992 et son 9A2 Evo : peu de défauts connus à ce jour

Le guide d'achat d'Elferspot résume la situation : le 9A2 Evo des 992 Carrera ne présente pas de problème majeur systématique. Les points à contrôler sont surtout périphériques :

  • la pompe à eau et le circuit de dépression, vus plus haut ;
  • des fuites d'huile au joint de carter moteur et sur la PDK ;
  • des défauts électriques d'injecteurs : si le calculateur enregistre une erreur sur deux injecteurs opposés, la procédure Porsche prévoit une mise à jour logicielle, puis le contrôle du faisceau, puis celui du calculateur ;
  • les supports moteur dynamiques (Sport Chrono), qui ont connu des entrées d'eau sur les premières voitures, corrigées par des caches puis des pièces modifiées.

Côté sécurité, la liste des rappels NHTSA pour la 911 Carrera 2020 compte cinq campagnes, dont aucune ne touche le moteur ni l'alimentation : support de différentiel avant, vis d'arbre de transmission, tige de servofrein, bras de suspension arrière et feux de détresse, sur des effectifs souvent très réduits.

Pour les turbos, les forums britanniques jugent les cas de 992 « pas inconnus » mais bien plus rares que sur la 991.2, sans données publiques. Les témoignages de 992 à fort kilométrage restent rassurants : un propriétaire à 60 000 miles (environ 97 000 km) ne signale aucun souci moteur, avec une consommation d'huile d'environ 0,5 L pour 10 000 miles quand la voiture était neuve, puis quasi nulle. La 992.2 de 2024 (394 ch, avec les turbos de l'ancienne GTS et l'échangeur de la Turbo) et la GTS T-Hybrid à 3,6 L et turbo électrique unique (541 ch en puissance cumulée) sont trop récentes pour un bilan.

Les 3,8 L des 911 Turbo

Les 911 Turbo n'utilisent pas le 3,0 L des Carrera. La 991.2 Turbo, commercialisée en décembre 2015, garde un 3,8 L biturbo de la famille 9A1 (540 ch, 580 ch en Turbo S). La 992 Turbo S de 2020 reçoit un moteur de 3 745 cm³ dérivé de la génération Carrera : 650 ch et 800 Nm, deux turbos à géométrie variable plus gros montés en miroir, des wastegates pilotées électriquement par moteurs pas à pas et un refroidissement de l'air de suralimentation entièrement revu.

Dans les sources consultées, nous n'avons trouvé aucun défaut moteur généralisé sur ces 3,8 L. Un membre de 911uk.com note que les Turbo ne semblent pas touchées par le problème d'alimentation en huile des 991.2 Carrera, ce qu'il attribue à une conception différente ; un autre cite le grippage d'un actionneur de turbo sur une 991.1 Turbo S. Sur ces voitures, l'essentiel se joue sur l'historique : entretien dans les temps, absence de reprogrammation, et état de la boîte PDK et de la transmission intégrale.

Le 4 cylindres turbo des 718 : robuste, quelques points à surveiller

Le 4 cylindres à plat MA2 développe 300 ch et 380 Nm en 2,0 L, 350 ch et 420 Nm en 2,5 L avec un turbo à géométrie variable, et 365 ch sur la GTS de fin 2017. Son son divise, pas sa fiabilité : PistonHeads juge celle des 718 Cayman bonne, au point qu'une extension de garantie ne s'impose pas d'office, et le guide d'achat de Carpokes note qu'aucune casse de type IMS, rayure de cylindres ou défaut de fonderie n'est associée au 718.

  • Wastegate : un cliquetis de wastegate est « occasionnellement signalé » sur les premières 2,0 et 2,5 L. Sur Rennlist, un propriétaire de Cayman 2017 a obtenu le remplacement du turbo sous garantie pour ce bruit, mais son concessionnaire disait ne jamais l'avoir rencontré : cas isolé, sans bulletin connu.
  • Ratés d'allumage : PistonHeads cite de légers ratés qui disparaissaient en coupant et relançant le moteur, et les relie à l'état de la batterie.
  • Fuite de carburant : le rappel américain 17V054 (code Porsche AH01) concerne 4 090 voitures de 2017, des 911 Carrera et Targa aux 718 Boxster et Cayman. Les vis de fixation des rampes d'injection pouvaient casser et provoquer une fuite ; des vis améliorées sont posées gratuitement.
  • PDK : un atelier spécialisé canadien signale l'usure des embrayages sur des voitures très sollicitées en départ arrêté (launch control) ou en autocross.

Fissures de culasses, encrassement des soupapes d'admission, injecteurs : nous n'avons trouvé aucune source documentant ces défauts en série sur le MA2. Ils ne doivent pas être présentés comme des points faibles connus de ce moteur.

Le 4,0 L atmosphérique des GTS 4.0, GT4 et Spyder

Le 4,0 L apparu en 2019 sur les 718 Cayman GT4 et Spyder dérive du 3,0 L turbo de la 911, mais il est atmosphérique. Il inaugure chez Porsche les injecteurs piézoélectriques et désactive une rangée de cylindres à charge partielle, avec un filtre à particules. Il donne 420 ch à 8 000 tr/min sur les GT4 et Spyder et 400 ch, avec un régime maxi de 7 800 tr/min, sur les GTS 4.0 annoncées début 2020, d'abord en boîte manuelle uniquement.

  • Le rappel des bielles : sous la référence NHTSA 21V-200 (code Porsche AMA4), 190 voitures américaines de 2021 sont concernées : Cayman GT4, 718 Spyder, Cayman et Boxster GTS 4.0 produits entre le 25 janvier et le 4 mars 2021. Des bielles non conformes, fournies par Hoeckle Austria, pouvaient se fissurer et perdre le serrage de leur vis, avec un risque de casse moteur et d'incendie. Porsche remplace les bielles ou le moteur complet ; la production est corrigée depuis le 5 mars 2021. Selon PistonHeads, les moteurs ayant déjà tourné ont été remplacés.
  • Consommation d'huile : des propriétaires du Porsche Club GB rapportent environ 0,25 L pour 1 000 miles (1 600 km) en début de vie, en baisse ensuite. Aucun chiffre officiel n'est cité. Ils insistent sur l'huile homologuée Porsche C40 indiquée sur l'étiquette de la voiture.
  • Surrégimes : sur une boîte manuelle, demandez le relevé des surrégimes enregistrés par le calculateur. Les niveaux élevés, souvent dus à un rapport raté, peuvent endommager le moteur et faire refuser une prise en garantie.

Sur Rennlist, un membre évoque aussi des cas de vis d'arbre à cames cisaillées et de pompes à huile défaillantes sur les 4,0 L. Ces témoignages ne sont appuyés par aucun bulletin ni rappel public à ce jour : à considérer comme anecdotiques.

Entretien : intervalles et budgets publiés

Les intervalles diffèrent selon les marchés ; c'est le plan d'entretien européen, figurant dans le carnet de la voiture, qui fait foi en France. À titre de repère :

  • Huile moteur : aux États-Unis, chaque année ou tous les 10 000 miles (environ 16 000 km) sur 991.2 et 992. Beaucoup de spécialistes conseillent de ne pas attendre davantage sur un moteur turbo.
  • Bougies : sur le calendrier américain, tous les 3 ans ou 30 000 miles sur la 991.2, contre 4 ans ou 40 000 miles sur la 991.1 atmosphérique ; un propriétaire de 992 cite le même rythme que la 991.2. Au Royaume-Uni, PistonHeads indique 4 ans pour les bougies des 718.
  • 718 au Royaume-Uni : entretien tous les un ou deux ans, ou 10 000 ou 20 000 miles selon le type de révision ; liquide de frein tous les 2 ans, courroie d'accessoires et huile PDK tous les 6 ans.
Opération (Royaume-Uni)Prix publiéOrdre de grandeur en euros
718 : révision intermédiaire chez un bon indépendantenviron 350 £ (au moins 150 £ de plus en centre Porsche)environ 400 €
718 : révision complète450 à 500 £ (indépendant), environ 650 £ (centre Porsche)environ 520 à 750 €
718 : deux ans de garantie Porsche Approvedenviron 1 400 £environ 1 600 €
991 : révision complète avec bougies1 530 £environ 1 750 €
991 : vidange moteur seule471 £environ 540 €
991.2 : turbo remplacé hors garantiede 5 000 £ (indépendant, reconditionné) à 14 000 £ (devis centre Porsche)environ 5 800 à 16 000 €

Les conversions sont indicatives ; les tarifs français varient selon l'atelier.

Reprogrammation : un risque à prendre au sérieux

Les moteurs turbo se prêtent à la reprogrammation, et les offres abondent pour la 991.2, la 992 et la 718. À l'achat, une voiture modifiée pose deux problèmes.

Le premier est mécanique. Sur Rennlist, une 718 2,0 L en « Stage 2 » (gros turbo, échangeur supplémentaire, environ 500 ch au banc) a cassé son moteur vers 35 000 km. Le propriétaire roulait à 2,1 bar de pression de suralimentation avec du carburant à 91 d'indice d'octane américain ; il attribue la casse au cliquetis, ce que d'autres contestent. Ce n'est qu'un cas, mais il montre la marge consommée. Sur une 991.2, dont les turbos sont déjà le point sensible, ajouter de la pression n'arrange rien.

Le second est contractuel. Selon les témoignages sur Rennlist, l'attitude varie selon les concessions, mais une reprogrammation dépassant la puissance d'origine expose surtout au refus des prises en charge moteur et transmission, Porsche pouvant s'appuyer sur les données enregistrées par les calculateurs. Les garanties tierces excluent souvent ces cas. Exigez une voiture au logiciel d'origine, ou une facture de remise en configuration d'usine faite par le réseau.

Ce que le VIN, la fiche d'usine et l'historique Porsche permettent de vérifier

Sur ces Porsche récentes, la question n'est plus seulement « quel moteur ? » mais « quelles campagnes ont été faites ? ». Le 10e caractère du VIN donne l'année modèle : G pour 2016, H pour 2017, J pour 2018, K pour 2019, L pour 2020, M pour 2021. C'est déjà utile : une 991.2 de l'année modèle 2017 peut entrer dans le bulletin sur la fumée bleue, une 992 de 2020 dans la campagne WKJ7, une GT4 ou une GTS 4.0 de 2021 dans le rappel AMA4. Notre guide pour lire un VIN Porsche détaille chaque position, et le décodeur gratuit en donne une première lecture.

La fiche d'origine Flat6Code va plus loin : date de production exacte (décisive pour le rappel des bielles, limité à quelques semaines de début 2021, ou pour le nettoyage des circuits d'huile introduit en mai 2017), moteur et boîte montés à l'usine, et toutes les options codées, Sport Chrono et échappement sport compris (voir notre article sur les codes options Porsche). Le dossier complet ajoute l'historique d'entretien du réseau Porsche : rappels et campagnes réalisés, turbos ou conduites remplacés sous garantie, pompe à eau changée, moteur échangé, et cohérence du kilométrage. Pour situer ces moteurs dans l'histoire de la marque, consultez notre guide des moteurs Porsche. Rien ne remplace pour autant une inspection par un spécialiste, avec lecture des codes défaut et du relevé de surrégimes.

Checklist avant d'acheter une 991.2, une 992 ou une 718

  • Lire l'année modèle au 10e caractère du VIN et la date de production exacte sur la fiche d'usine.
  • Sur une 991.2, démarrer le moteur à froid et observer l'échappement : une fumée bleue au démarrage doit être expliquée.
  • Demander les factures de toute intervention sur les turbos, leurs conduites d'huile ou le séparateur d'huile.
  • Vérifier que les rappels et campagnes applicables ont été réalisés (AH01, WKJ7, AMA4 selon le modèle).
  • Contrôler l'absence de fuite de liquide de refroidissement et dater le remplacement de la pompe à eau ou du vase d'expansion.
  • Faire lire les codes défaut, notamment ratés d'allumage, suralimentation et refroidissement.
  • Sur une 718 GTS 4.0, une GT4 ou une Spyder manuelle, exiger le relevé des surrégimes.
  • S'assurer que le logiciel moteur est d'origine et qu'aucune pièce de préparation n'est montée.
  • Vérifier les fuites d'huile au carter moteur et à la PDK, et les vidanges PDK au regard de l'âge.
  • Comparer le kilométrage affiché avec l'historique du réseau Porsche.
  • Sur une 991.2, privilégier une voiture couverte ou éligible à la garantie Porsche Approved.

Questions fréquentes

Le 3,0 L biturbo de la 991.2 est-il fiable ?

Globalement oui : pas d'IMS, pas de consommation d'huile excessive connue et pas de défaut structurel reconnu. Son point faible documenté est l'alimentation en huile des turbos sur les premières voitures, avec des bulletins Porsche sur des débris de fabrication. Une voiture qui ne fume pas au démarrage et dont l'historique est complet reste un bon achat.

Toutes les 991.2 ont-elles un problème de turbos ?

Non, et aucune statistique publique n'existe. Les bulletins visent surtout les voitures produites avant 2017 ou mi-2017, et les forums britanniques rapportent des cas plus rares ensuite. Une fumée bleue au démarrage à froid est le signe à surveiller.

Combien coûte un turbo de 991.2 hors garantie ?

Au Royaume-Uni, les chiffres cités vont d'environ 5 000 £ chez un indépendant avec un turbo reconditionné à 6 000 à 8 000 £ par turbo en centre Porsche, et un devis de 14 000 £ a été rapporté. Si seules les conduites d'huile sont en cause, la facture est à peu près divisée par deux.

La 992 a-t-elle les mêmes problèmes de turbos que la 991.2 ?

Les cas rapportés sur la 992 sont bien plus rares, selon les forums britanniques, et aucun rappel moteur ne figure dans la liste NHTSA des 911 Carrera 2020. Les points à vérifier sur une 992 sont plutôt la pompe à eau, en particulier sur l'année modèle 2020 (campagne WKJ7), et les fuites d'huile.

Le 4 cylindres des 718 est-il moins fiable que l'ancien 6 cylindres ?

Les spécialistes ne le disent pas : PistonHeads juge sa fiabilité bonne et aucune casse moteur en série n'est documentée. Les retours portent sur le refroidissement, un cliquetis de wastegate sur quelques voitures et un rappel de 2017 sur les vis des rampes d'injection. Le reproche principal fait au 2,0 L et au 2,5 L concerne le son, pas la mécanique.

Ma 718 GTS 4.0 est-elle concernée par le rappel des bielles ?

Le rappel AMA4 (21V-200 aux États-Unis) vise des GT4, Spyder et GTS 4.0 de l'année modèle 2021 produites entre le 25 janvier et le 4 mars 2021. La date de production exacte figurant sur la fiche d'usine permet de le savoir, et l'historique du réseau Porsche indique si l'intervention a été faite.

Le 4,0 L des GTS 4.0 consomme-t-il de l'huile ?

Des propriétaires rapportent environ 0,25 L pour 1 000 miles en début de vie, puis moins avec le kilométrage. Porsche ne publie pas de seuil cité dans les sources consultées. Il faut utiliser une huile homologuée Porsche C40 et surveiller le niveau régulièrement.

Peut-on acheter une Porsche turbo reprogrammée ?

C'est possible, mais risqué : la marge mécanique est réduite et les prises en charge moteur sous garantie peuvent être refusées. Sur une 991.2, dont les turbos sont déjà le point sensible, mieux vaut une voiture au logiciel d'origine, ou remise en configuration d'usine avec facture du réseau.

Sources

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